Saviez-vous que 85 % des animaux domestiques seraient porteurs de vers, sans que leurs propriétaires ne s'en aperçoivent ? L'infestation parasitaire reste souvent invisible, ce qui pousse de nombreux maîtres à sous-estimer le risque. À Philippeville, située au sud du sillon Sambre-et-Meuse — une zone à risque parasitaire accru en Belgique —, la question de la vermifugation chat et chien et de sa fréquence mérite une attention particulière. Le Cabinet vétérinaire Charline Draux répond ici aux questions les plus fréquentes des propriétaires, pour vous aider à protéger efficacement votre compagnon et votre famille.
Ce qu'il faut retenir
Plusieurs types de vers peuvent coloniser l'intestin de votre animal. Les ascaris (Toxocara canis chez le chien, Toxocara cati chez le chat) sont des vers ronds pouvant mesurer jusqu'à 20 cm. Ils s'installent dans l'intestin grêle, où ils se nourrissent de glucose, de calcium et d'oligoéléments. Chez le chiot, la contamination est quasi systématique : on estime que les deux tiers d'entre eux hébergent des ascaris dès la naissance, transmis par le placenta ou le lait maternel. Chez le chat, la prévalence de Toxocara cati est évaluée entre 10 et 60 % selon les études coproscopiques et nécropsiques — une fourchette très large qui s'explique par la variabilité des modes de vie (chat d'intérieur vs chat chasseur), mais qui confirme que même un chat peu exposé présente un risque réel d'infestation.
Les ténias (Dipylidium caninum) sont des vers plats pouvant atteindre 80 cm une fois adultes. Leur particularité ? Ils se transmettent par l'ingestion de puces contaminées. Les ankylostomes, eux, ne mesurent que 1 à 2 cm, mais s'accrochent à la paroi intestinale pour se nourrir de sang, provoquant des hémorragies internes invisibles à l'œil nu. Enfin, le trichure, spécifique au chien, vit dans le côlon et le gros intestin, où il provoque des diarrhées chroniques, souvent hémorragiques, et une anémie sévère.
Certains indices peuvent trahir une infestation. Sur le plan digestif, vous pourriez observer une diarrhée — parfois de couleur très sombre —, des vomissements récurrents ou un ventre ballonné, surtout chez le chaton. Votre animal peut aussi perdre du poids de manière inexpliquée malgré un appétit augmenté, présenter un poil terne ou se montrer apathique.
Un comportement caractéristique mérite votre attention : l'animal qui se traîne les fesses au sol, appelé « comportement du traîneau », signale une irritation anale causée par les vers. Vous pouvez également repérer de petits segments blancs, semblables à des grains de riz, autour de l'anus ou dans le pelage : ce sont les proglottis du ténia. Toutefois, retenez que dans la majorité des cas, aucun symptôme n'est visible. L'absence de signe ne garantit jamais l'absence de vers. N'hésitez pas à profiter d'une consultation de routine chez votre vétérinaire pour faire le point sur la santé parasitaire de votre compagnon, même en l'absence de signe apparent.
La réponse est oui. On parle alors de zoonose, c'est-à-dire une maladie transmissible de l'animal à l'homme. En Europe, on estime que 20 % de la population aurait été contaminée à un moment ou un autre par ces parasites. Chez l'adulte en bonne santé, les conséquences restent généralement limitées : fièvre, fatigue, douleurs musculaires transitoires. En revanche, chez l'enfant ou les personnes immunodéprimées, les larves d'ascaris peuvent migrer vers des organes très sensibles comme l'œil ou le cerveau. La proportion de personnes infectées par Toxocara canis est évaluée à 3–7 % en ville et jusqu'à 15 % en zone rurale.
Les ankylostomes représentent un autre danger : leurs larves ne peuvent pas accomplir leur cycle parasitaire complet chez l'humain, mais restent dangereuses par contact cutané. Elles pénètrent la peau humaine au niveau des pieds ou des mains par simple contact avec un sol souillé, provoquant une affection appelée Larva Migrans Cutanée — des lésions prurigineuses en forme de cordons filiformes. Ce risque est significativement accru dans les environnements chauds et humides, car les ankylostomes survivent et restent infestants dans les sols dont la température dépasse 18 °C, ce qui inclut les bacs à sable, les plages et les chenils mal entretenus. Les enfants jouant au sol y sont particulièrement exposés. Pour mesurer l'ampleur du problème, sachez qu'une chienne infestée par Toxocara canis peut produire jusqu'à 15 millions d'œufs par jour, contaminant massivement l'environnement.
Une étude publiée par Boehringer Ingelheim révèle par ailleurs que 42,7 % des échantillons prélevés dans des parcs publics sont contaminés par au moins une espèce de ver intestinal canin. Cette donnée illustre le risque collectif que représentent les selles de chiens non ramassées pour tous les usagers, et en particulier pour les enfants jouant au sol.
À noter : lorsque plusieurs animaux cohabitent dans le même foyer (chiens et chats), il est indispensable de les vermifuger tous simultanément. Traiter un seul animal ne suffit pas : les autres continuent à excréter des œufs dans l'environnement et provoquent une recontamination immédiate de l'animal traité. Même si un seul de vos compagnons semble concerné, l'ensemble du foyer doit être protégé au même moment.
Selon les recommandations de l'ESCCAP (European Scientific Counsel Companion Animal Parasites), organisme scientifique de référence en parasitologie, le chiot doit recevoir son premier traitement dès l'âge de 2 semaines, puis à 4, 6 et 8 semaines, puis une fois par mois jusqu'à 6 mois. Pour le chaton, la première vermifugation intervient dès 3 semaines, puis à 5 et 7 semaines, suivie d'un traitement mensuel jusqu'à 6 mois.
N'attendez surtout pas l'apparition de symptômes : à cet âge, une infestation massive aux ascaris peut provoquer une occlusion intestinale fatale par compaction des vers dans l'intestin. Il est également recommandé de vermifuger la mère 2 semaines avant la mise bas et 2 à 3 semaines après, pour limiter la transmission des larves par le lait maternel.
La règle de base selon l'ESCCAP est claire : au minimum 4 traitements par an, soit un tous les 3 mois, pour les chiens et chats adultes. Un point essentiel à comprendre : un vermifuge n'a pas d'effet préventif durable. Il élimine les parasites présents au moment du traitement, puis son action cesse. Des études ont montré que vermifuger seulement 1 à 3 fois par an n'offre pas une protection suffisante.
La fréquence doit être modulée en fonction du mode de vie réel de votre animal. Un chien peu exposé, vivant en appartement avec des sorties limitées, peut être vermifugé 2 à 4 fois par an. Un chien ou un chat chasseur, en contact régulier avec d'autres animaux ou des déjections extérieures, nécessite au moins 4 traitements annuels, idéalement complétés par une coproscopie — un examen microscopique des selles permettant de détecter précisément les espèces parasitaires présentes. Attention toutefois : un résultat négatif à la coproscopie ne garantit pas l'absence totale de parasites, car les œufs ne sont pas excrétés en permanence par les vers. C'est précisément pourquoi la vermifugation préventive régulière reste recommandée même en l'absence de signes positifs à l'analyse.
Un chat vivant exclusivement en intérieur n'est pas pour autant à l'abri : des œufs de parasites peuvent être introduits dans votre foyer via les semelles de chaussures ou des aliments crus. Prévoyez au minimum 2 à 3 traitements par an.
Certaines situations justifient une vermifugation mensuelle. C'est le cas des foyers avec de jeunes enfants, pour le chat comme pour le chien, en raison du risque zoonotique accru. C'est également la recommandation pour les propriétaires habitant au sud du sillon Sambre-et-Meuse — dont Philippeville fait partie, en province de Namur —, où le risque parasitaire est plus élevé. La vermifugation mensuelle contre le ténia y est particulièrement conseillée. Les propriétaires pratiquant la chasse avec leur chien doivent appliquer la même fréquence. Ces recommandations sont issues des guidelines ESCCAP adaptées au contexte belge.
Conseil : pour ne pas oublier les échéances de vermifugation, notez les dates dans votre agenda ou dans le carnet de santé de votre animal dès la première consultation. En foyer multi-animaux, choisissez une date commune pour traiter tous vos compagnons le même jour : cela simplifie le suivi et évite toute recontamination croisée entre un animal traité et un autre qui ne le serait pas encore.
Plusieurs formes de vermifuges existent, et le choix dépend principalement de la facilité d'administration et du tempérament de votre animal :
Le fenbendazole (ex. Panacur®) se distingue des autres vermifuges par son mode d'administration : contrairement à la majorité des molécules pour lesquelles une seule prise suffit, le fenbendazole nécessite un traitement de 3 à 5 jours consécutifs. Il est également mieux absorbé après un repas léger, ce qui réduit aussi le risque de vomissement. Son spectre couvre à la fois les nématodes (Toxocara canis, Ancylostoma caninum, Trichuris vulpis) et certains cestodes (Taenia spp.), et il est également efficace contre la giardiose — un atout non négligeable dans les régions humides.
Un geste indispensable avant chaque traitement : pesez votre animal. Un sous-dosage rend le vermifuge inefficace, tandis qu'un surdosage peut entraîner des effets indésirables. Si votre animal vomit après la prise, administrez le comprimé 30 minutes après un repas léger. Enfin, privilégiez toujours un vermifuge à large spectre, couvrant à la fois nématodes et cestodes — par exemple une association praziquantel + milbémycine oxime, ou praziquantel + fenbendazole.
Sur le plan réglementaire, les vermifuges se répartissent en deux catégories : ceux délivrés en conseil (sans ordonnance), disponibles en pharmacie ou chez le vétérinaire, et ceux classés sur liste II, qui nécessitent une ordonnance vétérinaire — renouvelable sur une durée d'un an. Certains vermifuges à large spectre, notamment les associations à base d'émodepside ou de molécules à plus haute concentration, relèvent de cette seconde catégorie. Votre vétérinaire est la personne la mieux placée pour vous orienter vers le produit adapté.
À noter — Mutation MDR1 : certaines races sont à risque. Certaines races de chiens présentent une mutation génétique appelée MDR1 (gène ABCB1) qui les rend hypersensibles à certaines molécules vermifuges, notamment les lactones macrocycliques (ivermectine, milbémycine à haute dose). Cette mutation provoque une accumulation des substances actives dans le système nerveux central, pouvant entraîner des troubles neurologiques graves. Selon l'ANSES (2022), les races les plus représentées dans les cas déclarés suite à l'usage de vermifuges sont le Berger australien et le Border Collie. Des tests ADN permettent d'identifier cette mutation avant tout traitement : si votre chien appartient à l'une de ces races ou à un croisement apparenté, parlez-en à votre vétérinaire avant toute vermifugation.
Exemple concret : Éloïse Marchal, propriétaire d'un Berger australien de 3 ans à Florennes, a constaté des tremblements et une démarche hésitante chez son chien quelques heures après l'administration d'un vermifuge contenant de l'ivermectine à dose élevée. Alertée, elle a consulté en urgence. Un test ADN a ensuite révélé que son chien était porteur homozygote de la mutation MDR1. Depuis, son protocole de vermifugation a été adapté par son vétérinaire avec des molécules bien tolérées (praziquantel + fenbendazole), sans aucun effet secondaire. Ce cas illustre bien l'importance de faire tester les races à risque avant tout traitement.
Le lien entre puces et ténias est direct et souvent méconnu. Pour se développer, Dipylidium caninum doit passer par une larve de puce : environ 90 % des infestations par ce ténia sont associées à une présence de puces. Le chat, par exemple, ingère les puces contaminées en se toilettant. Sans traitement anti-puces simultané, le ténia reviendra inévitablement, même après vermifugation.
La règle pratique est simple : dès qu'une puce est détectée sur votre animal, couplez systématiquement le traitement antiparasitaire externe et la vermifugation. Pensez également à traiter l'environnement — literie, tapis, canapés — pour briser le cycle de contamination. Les segments de Dipylidium caninum peuvent en effet se déplacer à la sortie de l'anus et contaminer votre habitat.
Pour établir un protocole de vermifugation personnalisé, adapté à votre animal et à votre situation à Philippeville, le Cabinet vétérinaire Charline Draux est à votre disposition. Grâce à une approche alliant écoute, expertise médicale et équipements modernes, le cabinet accompagne chaque propriétaire dans la prévention parasitaire comme dans le suivi global de santé de son compagnon — chien, chat ou NAC. N'hésitez pas à prendre rendez-vous pour un bilan personnalisé et des conseils adaptés au mode de vie de votre animal.